La vallée de l’eau à la croisée des chemins entre Montauban, Albi et Toulouse

Espace Brusson

« Vous reprendrez-bien quelques pâtes ? »

Pépite de notre patrimoine industriel, la friche Brusson est l’héritage du parcours exemplaire d’une famille passée d’une humble condition sociale à une situation dominante.

De pères en fils, les Brusson ont assis leur réussite en mettant à profit les 2 possibilités offertes par la rivière : sa force motrice pour les moulins et l’électricité et sa navigabilité comme moyen de communication. Rappelons maintenant que la rivière était ancrée dans une immense plaine céréalière et voyons comment tout est lié dans cette histoire.

Jeux d’eau, jeux de moulin !  Ah, c’est malin !

On mélange la farine et l’eau, on fait jaillir l’étincelle de la fée électricité et nous y voilà. Des pains, des biscottes…et des pâtes alimentaires à gogo! Et le tout joliment empaqueté, de la belle ouvrage vous dis-je!  Le succès ne se fait pas attendre, la machine s’emballe, on pousse les murs, on agrandit et on envoie jusqu’à l’autre bout du monde !

Oui vraiment, tout est lié dans cette histoire, comme les bâtiments entre eux, comme le passé et sa mémoire.  Tenez, si je vous dis «  les cheveux d’anges ? »  Ben oui, c’était ici !

« La solidarité au cœur de la tourmente, une histoire de cœur et l’amour de la terre !

Témoignage de M. Luc Vanderborcht

« Tout a commencé en 1940 au moment de l’invasion de la Belgique par les troupes allemandes, jetant des milliers de civils sur les routes.

Ils étaient une vingtaine cette année-là, de ma famille, à avoir eu la chance de grimper à bord de ce train affrété par les Ets Brusson, au départ de sa filiale de Charleroi et en direction du sud de la France. Mon père,  alors âgé de 3 ans était de ceux-là. Ce fut  un long  voyage de 2 mois.

Et puis Il faut loger les réfugiés*. A leur arrivée à Villemur, ils sont répartis sur différents lieux. Voyant le jeune enfant, une jeune fille de 15 ans s’avance vers lui et le prend dans ses bras. C’est comme ça qu’ils seront  accueillis à Vacquiers où ils séjourneront quelques mois.

De retour en Belgique, personne n’a oublié cette famille et cette terre d’accueil et mon père s’est promis d‘y retourner un jour.

C’est en 1969 qu’il prend enfin la route avec ses 4 enfants dont moi-même. Ce sont de belles retrouvailles.  La jeune fille de 15 ans a bien grandi… elle a une fille…. dont je tombe rapidement amoureux !

Le rapprochement ne tarda guère et de cette union naquirent 2 beaux enfants, scellant ainsi cette belle histoire qui se poursuit toujours car, si ma famille est repartie en Belgique, je suis resté avec les miens sur Villemur ! »

*On estime à 1200 le nombre total de réfugiés arrivés à Villemur.